Du syndrome de la Bandelette Ilio-Tibiale

Le syndrome de la bandelette ilotibiale est un trouble courant qui affecte principalement les coureurs et les cyclistes. Il se caractérise par des douleurs à l’extérieur de la cuisse, souvent accompagnées de douleurs à la hanche ou au genou. Bien que cette pathologie soit assez bien comprise, de nouvelles explications ont été avancées ces dernières années pour mieux comprendre les causes du syndrome de la bandelette ilotibiale et les moyens de le prévenir et de le traiter.

L’une des hypothèses les plus couramment admises pour expliquer l’apparition du syndrome de la bandelette ilotibiale est que la bandelette ilotibiale subit des microtraumatismes répétés en raison de frottements contre le condyle fémoral lors de la flexion de la hanche et de l’extension du genou. Ces microtraumatismes peuvent entraîner une inflammation et une douleur. Cependant, cette hypothèse ne prend pas en compte tous les facteurs qui peuvent contribuer au développement de ce syndrome.

Il a été récemment proposé que des troubles neuromusculaires tels que la faiblesse des muscles fessiers et des muscles de la hanche pourraient contribuer à cette pathologie. En effet, des études récentes ont montré que des patients présentant des troubles de la force musculaire de la hanche ont un risque accru de développer un syndrome de la bandelette ilotibiale . Il est donc important de considérer les troubles neuromusculaires dans l’évaluation et le traitement de cette pathologie.

Il y a aussi des hypothèses qui ont été proposées pour expliquer l’apparition du syndrome de la bandelette ilotibiale en relation avec des facteurs psychologiques tels que le stress ou l’anxiété. Il a été constaté que les sportifs ayant des niveaux élevés de stress ou d’anxiété ont un risque plus élevé de développer un syndrome de la bandelette ilotibiale . Cela souligne l’importance de considérer les facteurs psychologiques dans l’évaluation et le traitement de cette pathologie.

Il faut toutefois noté l’importance de construire nos modèles explicatifs de cette pathologie comme un problème de « compression » plus que de « friction » (Merci à Mathieu MENARD de l’IOR et du M2Slab de m’avoir rappelé cette précision impardonnable au regard de l’évolution des connaissances actuelles).

Vous trouverez donc la traduction du résumé de l’article que Mathieu MENARD m’a joint à son commentaire judicieux :

Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale (ITB) est considéré comme une blessure de surutilisation, fréquente chez les coureurs et les cyclistes. On pense qu’il est associé à une friction excessive entre le tractus et l’épicondyle fémoral latéral – friction qui « déclenche le facteur inflammatoire » du tractus ou de la bourse. Cet article met en évidence les preuves qui remettent en cause ces opinions. Les principes anatomiques de base de l’ITB ont été négligés : il ne s’agit pas d’une structure distincte, mais d’une partie épaissie du fascia lata qui enveloppe la cuisse, il est relié à la linea aspera par un septum intermusculaire et à la région supracondylienne du fémur (y compris l’épicondyle) par des bandes fibreuses grossières (qui ne sont pas des adhérences pathologiques) qui sont clairement visibles par dissection ou IRM et une bourse est rarement présente – mais peut être confondue avec le creux latéral du genou. Nous suggérons donc que le ITB ne peut pas créer de forces de frottement en se déplaçant d’avant en arrière sur l’épicondyle pendant la flexion et l’extension du genou. La perception du mouvement de l’ITB sur l’épicondyle est une illusion en raison des changements de tension dans ses fibres antérieures et postérieures. Néanmoins, un léger mouvement médio-latéral est possible et nous proposons que le syndrome ITB soit causé par une compression accrue d’une couche hautement vascularisée et innervée de graisse et de tissu conjonctif lâche qui sépare l’ITB de l’épicondyle. Nous pensons que le syndrome de l’ITB est lié à un dysfonctionnement de la musculature de la hanche et que sa résolution ne peut être obtenue que lorsque la biomécanique de la fonction musculaire de la hanche est correctement considérée.

POUR EN FINIR :

Il existe de nombreux articles et études récents sur les causes du syndrome de la bandelette ilio-tibiale. Voici quelques articles et chercheurs que je vous conseille de lire pour vous faire une opinion sur les causes de cette pathologie :

  1. « The Role of Neuromuscular Control in Iliotibial Band Syndrome » par Michael Fredericson et al. dans Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy. Cet article examine les liens entre la force musculaire de la hanche et le syndrome de la BIT.
  2. « The Relationship of Psychological Factors and Iliotibial Band Syndrome among Recreational Runners » par David R. Morris et al. dans Journal of Science and Medicine in Sport. Cette étude examine les liens entre les facteurs psychologiques et le développement du syndrome de la BIT.
  3. « A Biomechanical Comparison of Cyclists with and without Iliotibial Band Syndrome » par Brad A. Dowling et al. dans Clinical Biomechanics. Cette étude examine les différences biomécaniques entre les cyclistes atteints de syndrome de la BIT et ceux qui ne le sont pas.
  4. « Iliotibial Band Syndrome: Current Understanding and Treatment » par David C. Berry et al. dans The Journal of Bone & Joint Surgery. Cet article examine les causes actuelles et les traitements du syndrome de la BIT.
  5. « Iliotibial Band Syndrome: A Review of Current Treatment Options » par Michael G. Ryan et al. dans Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy. Cet article examine les différentes options de traitement pour le syndrome de la BIT et donne des conseils pour la prévention de cette pathologie.
  6. Is iliotibial band syndrome really a friction syndrome? par Fairclough J, Hayashi K, Toumi H, Lyons K, Bydder G, Phillips N, Best TM, Benjamin M. J Sci Med Sport. 2007 Apr;10(2):74-6; discussion 77-8. doi: 10.1016/j.jsams.2006.05.017. Epub 2006 Sep 22. PMID: 16996312.

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